La nouvelle exposition du Thé des Muses nous fait suivre une artiste en mouvement, une voyageuse, qui nous invite à l'émerveillement face à la nature.
Ses aquarelles sur papier coton sont comme autant de pages détachées des carnets de voyage de l’artiste. Les yeux pleins de souvenirs de son trek au Népal, de photographies glanées au fil des routes et des lumières de la Scandinavie Elsa Burgard recrée pour nous des paysages imaginaires, hybrides de toutes les beautés sauvages dont elle s’est inspirée. Elle reprend ici une longue tradition du croquis de voyage. On pense aux autres femmes artistes qui ont arrêté sur le papier les images collectées aux quatre coins du monde. Françoise Gilot, par exemple, artiste peintre moderniste, disait bien que “[...] ses petits carnets [de voyage] sont une étape vers la liberté.”

Enveloppé de grands manteaux blancs, les montagnes et forêts d’Elsa Burgard relèvent sans prétention le défi technique de rendre sa complexité à la blancheur. Comme les impressionnistes et les nabis avant elle, elle tente de nous révéler la profondeur du vide.
Usant du blanc du papier, d’ombres bleues liquides et froides, et de rehauts de gouache ou d’acrylique créant comme un léger relief, elle nous laisse faire l’expérience de l’immensité.
Quoi de mieux que d’être assis.es, au chaud, au Thé des Muses, une tasse fumante à la main tout en étant invité.es à l’évasion par ces paysages lumineux, en attendant que l’hiver passe ?




